masque_blanc_enfant

Un projecteur va chercher l'esprit humain masqué (alors que le même masque blanc est encore sur le portique des masques) assis sur un plian devant un miroir comme s'il se regardait. Il commence son texte en dégustant chaque mot, puis se lève et disparaît en coulisse en continuant à parler. Il revient avec une serviette blanche autour du cou, s'avance vers les spectateurs et s'essuie soigneusement le visage. La lumière disparaissant l'efface lentement.

Argument: une lave de lumière déborde les bâtiments. Ne pouvant émettre ces regards volontaires, chargés d'une signification précise, qu'on adresse à quelqu'un qu'on connaît, mais seulement laisser ses pensées distraites s'échapper incessamment devant lui, il ne voulait pas paraître dédaigner ces petites gens qu'il rencontrait au passage.

Scène 30 l'esprit humain (une lave de lumière déborde les bâtiments brouillonne, il va chercher une serviette de toilette)

L'esprit humain avait beau avoir à sa fenêtre des fuchsias
Qui prenaient la mauvaise habitude de laisser leurs branches courir toujours partout tête baissée
Et dont les fleurs n'avaient rien de plus pressé
Quand elles étaient assez grandes
Que d'aller rafraîchir leurs joues violettes et congestionnées contre la sombre façade de l'église
Les fuchsias ne devenaient pas sacrés pour cela pour moi
L'esprit humain n'en avait tiré que cette réponse
Croyant qu'elle voulait me dévorer
Je lui plongeai mon poignard dans le cou
La froide cruauté des tigres y dominait bien
Mais il y avait aussi une vague ressemblance avec la physionomie d'une femme artificieuse
Personne n'essaya de lui faire affront
Dumas
Disait-on
Était à sa maison de campagne
L'esprit humain était même nécessaire de ne point tarder
Alphonse de Chateaubriand
La tête enfoncée dans les bras
Écoutait
Tandis que les souvenirs lui arrivaient en foule
L'esprit humain connaissait l'esprit humain de nom
L'esprit humain a plus de remords avant sa condamnation

Une lave de lumière déborde les bâtiments (mais je croyais que vous étiez si liés)