Le cœur humain entre en scène derrière le portique des masques et met le masque aztèque de mort. Il ne dit rien, vient s'asseoir sur le devant de la scène en silence, regarde le public. Pas de musique. Une voix de synthèse féminine dit le texte, très lentement.

Argument:  il pleut (un peu). Le coeur humain sans lui dire mon nom, ni me dire le sien, sans doute à cause des difficultés qu'il avait eues avec mon grand-père.

Scène 3 : exposé du coeur humain  (sévère, des yeux  qui fixent avec franchise)

Le coeur humain n'acquitterait pas une seconde fois la note de ses désordres
Le coeur humain n'était plus Alexandre Dumas
Il n'avait plus d'âge
Certainement
Certainement
Acquiesçait de loin Marcel Proust

Le coeur humain a probablement cherché une cuiller
Car j'ai entendu rire de l'argenterie
Le coeur humain se rappelait seulement qu'ils avaient chanté ensemble
À la fin
Excédé de ces spectres
Il se tournait sur le côté
Secouait la tête sous la griffe de l'idée
Et
Gémissant
S'étirait comme un homme assailli de souffrances intolérables
Le coeur humain bien attifé d'un joli bonnet et d'une jolie robe à vingt-cinq sous l'aune
Qu'il se fait lui-même
Mais qui lui allait comme à une petite reine
D'autre part et les autres
Oh

Là, dissimulé par les gracieuses arcades gothiques qui se pressaient coquettement devant lui comme de plus grandes sœurs, pour le cacher aux étrangers, se placent en souriant devant un jeune frère rustre, grognon et mal vêtu (il pleut (un peu))…