humain

Argument:  il pleut. Je n'ai jamais rien à faire.

L'humain parle de lui-même comme si c'était une personne autre, il semble rêveur, un peu désorienté, Il n'arrête pas de se coucher sur la scène puis de se relever, faire quelques pas, se coucher encore en changeant de position : sur le côté, sur le ventre, sur le dos, etc. Avant de quitter la scène, il se regarde dans un miroir et se salue. Musique : un blues de Robert Johnson.

Scène 14 l'humain : (des yeux couleurs regard)

L'humain aussi sentait qu'elle aurait aimé vaillamment
Qu'elle aurait éprouvé l'amour dans tout ce qu'il avait de dévoué
De noble
De pur et de grand
L'humain laisserait
Nouveau Jupiter
Tomber une pluie d'or sur la nouvelle Danaé
Comme madame n'a fait aucune défense de dire son nom,
L'humain avait sa cire
Jeune homme
Enfin
D'autres allaient la rejoindre
De sorte que la poche enfin remplie
Un beau jour
Obsédé de tous ces retards
Il prenait son courage et faisait sauter coup sur coup toutes les cires
Car les paroles se sténographient à cent mille exemplaires, se classent, se mettent en réserve, et reparaissent au bout d'un an, de deux ans, de dix ans, comme ces héros des anciennes tragédies que l'on croyait morts, et qui sortent tout à coup de leurs tombeaux pour faire pâlir ceux qui les avaient oubliés
L'humain avait l'immobilité du vieillard
Dans son silence
Dans l'effort méditatif de ses maigres mains croisées sur ses genoux
Quelque chose qui le retenait d'élever la voix
L'humain mettait sur le compte d'un oubli le fait de ne l'en avoir pas avertie la veille
L'humain est rempli de tristesse
De compassion

Il pleut (un peu) (à Paris, les jours de printemps, au lieu d'aller faire des visites et écouter des niaiseries, il part dans la campagne voir les premières aubépines).