personne_humaine

(Argument: mon corps, trop engourdi pour remuer, cherchait à repérer la position de ses membres pour en induire la direction du mur, la place des meubles, pour reconstruire et pour nommer la demeure où il se trouvait une belle soirée.

C'est un vrai monologue, la personne humaine entre portant un escabeau qu'elle installe au-devant de la scène. Elle s'assied en haut de l'escabeau et regarde le ciel comme si elle s'adressait à Dieu. Le ton est à la fois pédant et lyrique; la musique, un extrait de la messe en plein-chant baroque de Luis Marchand.

Scène 12 : monologue de la personne humaine (dévisageant Mende avec dégoût, renfrogné)

Alors l'accompagnement se hasarda à mêler sa voix à la voix frémissante qui
Entrevoyant les flammes éternelles
Priait le Seigneur de l'en éloigner
De telle sorte que et
La personne humaine répondit
Comme le comte
Qu'elle ne savait pas ce qu'elle ferait
Mais
En tous cas
Qu'ayant passé un hiver fort retiré
Elle comptait
Au retour de la belle saison
Prendre sa revanche
Alors
Venez avec moi
S'écria compréhension humaine
La personne humaine y rôda
Quand il se crut sûr d'avoir éteint la férocité de sa capricieuse compagne
Dont la faim avait été si heureusement assouvie la veille
Il se leva et voulut sortir de la grotte
C'était affreux
La personne humaine crut même voir une larme briller dans ses yeux
Je crois
Dieu m'emporte
Qu'elle est jalouse
Sue
Qui craignait qu'une des branches ne vînt endommager la toiture du château

(un beau soir ma crainte était que Sue, qui était chargée de s'occuper de moi quand j'étais à Mende, refusât de porter mon mot)