esprit_humain

Argument:  de l'autre côté de la fenêtre suspendu un ciel bleu. L'esprit humain prétendait que chaque fois que je me liais avec un de mes camarades plus qu'avec les autres et que je l'amenais chez nous, c'était toujours un juif, ce qui ne lui eût pas déplu en principe - même son ami esprit humain était d'origine juive - s'il n'avait trouvé que ce n'était pas d'habitude parmi les meilleurs que je le choisissais.

L'esprit humain est là, sur scène, sans plus. Il est là comme une évidence et semble attendre que les choses se passent. Il débite son texte avec une tranquille évidence, en articulant bien, voix bien posée. Tout est normal. Musique, un extrait de Charles Ives "A symphony"

Scène 20 : sermon de l'esprit humain (il crie, reprenant délicatement la tasse)

Où allons-nous ne cherchez pas
L'esprit humain a attentivement écouté le récit de l'esprit humain
Il faisait nuit dans l'écurie quand la cloche sonna le dîner
À quoi donc qu'il faut tenir
Si ce n'est pas à la vie
Le seul cadeau que le bon Dieu ne fasse jamais deux fois
L'esprit humain m'a dit que j'avais du coeur et de l'honneur
Pourquoi cette jalousie
Ce bonheur dans le crime
C'est une stupéfaction
Et voilà vingt ans que je ne reviens pas de cette stupéfaction-là
À quoi donc qu'il faut tenir
Si ce n'est pas à la vie
Le seul cadeau que le bon Dieu ne fasse jamais deux fois
L'esprit humain ne répondait toujours rien
Déjà il semblait revenu au sentiment de la réalité et avait reconnu le mensonge des visions qui l'avaient effrayée

De l'autre côté de la fenêtre suspendu un ciel bleu (non plus appliqué à la pierre comme ces petits anges, mais détaché du porche, d'une stature plus qu'humaine, debout sur un socle comme sur un tabouret qui lui évitât de poser ses pieds sur le sol humide)