identit__humaine

Revenant progressivement alors que le monologue et la musique (Kaija Saariaho, sept papillons) ont commencé, la lumière révèle une identité humaine allongée sur l'avant-scène, elle parle lentement, de façon rêveuse, elle semble perdue sur quelque nuage intime, elle semble aussi écouter la musique avec soin, ne parlant que par moments.

(Situation de l'identité humaine: à Paris, dans un des quartiers les plus laids de la ville, je sais une fenêtre où on voit après un premier, un second et même un troisième plan fait des toits amoncelés de plusieurs rues, une cloche violette, parfois rougeâtre, parfois aussi, dans les plus nobles «épreuves» qu'en tire l'atmosphère, d'un noir décanté de cendres, laquelle n'est autre que le dôme Saint-Augustin et qui donne à cette vue de Paris le caractère de certaines vues de Rome par âme alors que le soleil brille dans un ciel sans nuages)

Acte dédié à l'être , Scène 23 : monologue de l'identité humaine (une soirée où au jour déclinant, succède un crépuscule baigné de lune méprisante; des yeux d'un bleu minéral)


L'identité humaine faudrait dire
L'identité humaine trace sa route seule
La coquette tressaillit quand elle sentit les ongles de son ami lui gratter le crâne
Ses yeux brillèrent comme deux éclairs
Puis elle les ferma fortement
Les choses se passent
Ce fait
Qui vous semble un problème
Répondis-je en l'interrompant
Est cependant une chose naturelle
Comment réduire une identité humaine à quelques mots
C'est étrange
Se demandait-il

Docteur
Comment allez-vous

(n'est-ce pas la fine notation de cette heure-ci, alors que le soleil brille dans un ciel sans nuages).